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MUSÉE DES ARTS ISLAMIQUES
Au sud de l’enclos de la mosquée Süleymaniye, sous une série de coupoles typiquement orientales et turques, ont été recueillies toutes les œuvres d’art se rapportant à l’Islam et à la Turquie. Dans els nombreuses salles de ce bâtiment historique, on avait réuni les plus anciennes, les plus précieuses et les plus rares œuvres musulmanes de l’époque. Cela constituait un trésor à part.
Dans la première salle sur la droite sont exposées les productions classaiques de l’art turc de la céramique tel qu’on le pratiquait à Konya, Diyarbakır et İzmit. Les céramiques remontant aux périodes Seldjoukides et Mameloukes furent executées à partir du XIIIème siècle; les fresques murales d’origine arabe ou abasside et les œuvres Samarra du IXème siècle ont beaucoup de valeur. On peut voir aussi des pierres tombales, des tombes du VIIIème siècle, des tombes mameloukes du XVème siècle et un sphinx seldjoukides dans la cour.
Dans la deuxième salle seuls des tapis et des travaux de nacre sont proposés à l’admiration du public. Les tapis proviennent de Gördes, Uşak, Bursa, Konya et Yörük, datant parfois du XVème siècle. Il y a aussi des couvertures de Coran incrustée de nacre, des boîtes, des coffres, des liseuses. Le coffre à Coran à pieds executé par Dalgıç Ahmet Çavuş au XVIIIème siècle est un chef-d’œvre de l’artisanar. A côté d’objecs laquées de XVIIème et XVIIIème siècle est disposée une pelle à poussière incrustée de nacre.
La troisième salle est consacrée à des tapis et à des travaux sur métal. En commençant par la droite, on peut voir des piéces d’argent, plus exquises les unes que les autres, des lampes à huile, des boîtes, des brûle-encens, des lanternes, des pendeloques, des cages, des grilles de foyer, des réceptacles d’eau de rose et des coffres. Plus loin, dans des vitrines sont exposées des ceintures rehaussées d’émaurades, de topazes et de rubis. Dans une autre vitrine, on peut voir des chandeliers d’or hauts d2un mètre et constellés de pierreries.
Le tapis persan accroché au mur est d’une inestimable valeur. Dans la même salle se trouvent des objects en cuivre ouvragé 13ème et 15ème siècles (époque mamelouk).
Puis dans d’autres vitrines brillent de tous leurs feux des aigrettes et autres bijoux. Dans siècles passés, les perles, les peinges en ivoire, les boucles d’oreille étaient des objects très recherchés. Dans la vitrine centrale, on peut voir un poil de la barbe du Prophète conservé dans deux coffrets de cristal, eux-mêmes disposés dans une cassette protectrice en or. Cette vitrine présentant de saintes reliques, de nombreux objects recuillis dans des monastères de derviches et une admirable clef qui symbolise la Cité de la Mecque y sont exposés.
Dans une autre vitrine, un vetêment brodé porte de l’or et de perles sur un fond vert pétrole.
Au mur, on peut voir des échantillons de l’art seldjoukide du travail de métaux tel qu’on pratiquait en Anatolie et dans la région de Mossoul. Puis, il y a des chandeliers et de charmantes lanternes venus d’un temps où l’éclairage public des rues n’existait pas.
Dans une vitrine du centre, outre les brûle-encens et les réceptables pour l’eau de rose, d’autres objects, utilisés pour le bain, sont exposés: écuelles, auguières et bols. L’un de ces derniers, auquel, par de fines chaines, sont attachées des disques de métal en forme de peşces de monnaies, ne servait pas au bain, mais à détourner le mauvais œil. On le remplissait l’eau, et on récitait des charmes au-dessus de lui.
Il y a un object très intéressant placé près du mur. Il s’agit d’une timbale qui remplissait, et cumulait, sur une échelle nettement plus modeste, les fonctions d’une radio, d’une télévision, d’un téléphone, et d’une agence de presse, à une époque où tout cela n’existait pas encore. Il s’agit d’une grosse caisse originaire de Diyarbakır et qui date du 12ème siècle. Sur la droite, près de la sortie, sont exhibés des échantillons de travaux sur métal, remontant à la période des mamelukes.
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La quatrième salle ne présente que des tapis et des objects en nacre. Les portes en bois et le cadre de fenêtre, installés de part et d’autre de l’entrée, sont des ouvrages de grande valeur, exécutés par les artistes de Konya, de Seldjouk et de Karaman. Les tapis, qui datent du 16ème et des siècles suivants proviennent d’Uşak, de Konya et de Bergama. Sur le sol est disposé un tapis Seldjouk du 13ème. Près de la sortie de cette salle se trouvent des cercueils en bois, portant des inscriptions en relief. Ceux des siècles suivants sont en pierre taillée. Les plus anciens sont en bois.
La cinquième salle est consacrée à la calligraphie, aux plaques votives, aux livres et aux objects liés à l’écriture. Dans les vitrines les plus proches de l’entrée, il y a des Corans d’origine Ommeyade composés sur parchemin. Ces livres de grande dimension sont de très anciens Corans qui datent de 650-700 AD. Plus loin, on peut voir des Corans de la période abasside (10ème siècle et suivants.) tandis que prospérait la communauté musulmane, le nomadisme tombait en désuétude et une civilisation sûre d’elle et généreuse se développait qui favorisait les Beaux Arts. Ce mouvement profond se manifeste dans les pages de Coran, par la dorure et les enluminures. En examinant l’une après l’autre les vitrines, on découre une série de Corans de différentes qpoques dont chaque exemplaire vaut une fortune. Il y a là des Corans remontant aux périodes Ayubite (13ème siècle), andalouse (15ème siècle), ottomane et égyptienne. L’un d’entre eux est haut d’un mètre. Celui qu’on a écrit pour Gansu Gavri est daté de 1501-1516. un autres comporte une traduction persane date de 1480. sur le mur disposés des parchemins et de magnifiques exemples de calligraphie.
Au centre sont exposés des livres persans du XVème et du XVIème siècles, dorés et couverts de façon très artistique. Au mur sont accrochés un compas et une carte de l’Anatolie vue en coupe verticale, c’est-à-dire que la topographie de cette région apparait comme quand l’observeur se trouve sur la Mer Noire. Contre le mur de droite, on a disposé des enluminures et des exemplaire du <<Şename>>. Une œuvre épique de Firdousi date de 915. les autres enluminures persanes proviennent du 15ème et 16ème siècles, de magnifiques volumes turcs des 18ème et 19ème siècles, somptueusement reliés en cuir et dorés sont disposés dans la vitrine centrale.
Dans les vitrines de la moitié gauche de la salle, on découvre les instruments matériels qui permettaient de donner forme sensible à l’inspiration, à l’idée et au goût dans la rédaction d’un livre, la composition d’un poème, la réalisation d’une enluminure. Il s’agit d’une série d’outils prolongeant la main. Des canifs, les ciseaux à poignées de bois ou de nacre, des sceaux, des porte-plumes, des écritoires. Mais quelques uns de ces ustensiles venus des siècles lointains, et qui permettaient à ces époques révolues de s’exprimer dans l’art, méritent qu’on les étudie en detail. Les <<müşte>>, par exemple, qui servaient à broyer les couleurs d’aquarelle utilisées dans la décoration des livres. Les <<mürhe>> avaient un autre emploi. C’étaient des polissoirs grâce auxquels on lissait le papier à écrire. L’exemplaire exposé date du 18ème siècle.
En avançant vers la sortie, on voit au mur et dans les vitrines, des enluminures et des édits turcs. A l’époque où il était interdit de dessiner l’apparence humaine par la société musulmane turque, le besoin de figurer la beauté dans le dessin, secret ressort de toutes les natures artistiques, était exprimé dans ces motifs linéaires et végétaux. Les plaques qu’on découvre près de la sortie et qui sont signées de sheik Hamdullah, les motifs dorés créés par Ahmet Karahisarî et Abdullah Kirimî, tout, ouvrages du quinzième siècle, sont des pièces très célèbres.
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