SAINTE SOPHIE
La première sensation que l’on éprouve en pénétrant n’est ni la majesté ni la grandeur des lieux. Ste. Sophie avec son aspect lourd, comme renfermé, ne laisse pas deviner la majesté et la noblesse que l’on constate en son intérieur. Elle a 81 m., 80 de long, mesures prises à l’intérieur. Le narthex intérieur a 10,5 m. et celui de l’extérieur 6,60 m. Si l’on ajoute à ces chiffres l’épaisseur des murailles, on obtient facilement 101 m.; sa sperficie est de 7570 m² . Aussi, elle prend la quatrième place parmi les grandes églises du monde, après St. Paul de Londres, St. Pierre de Rome et le Dôme de Milan.
Lors de la restauration du dôme en 1847, le callygraphe Mustafa İzzet Efendi u incrusta en caractères arabes dorés, une inscription àl’usage de la postérité.
Ce dôme grandiose qui parait si loin de terre qu’on le croirait proche du ciel, ne peut être contemplé que du soi en prenant pour repère les signaux gravées sur la pierre; ceux-ci à distance, correspondent au dessous du point central de la voûte et délimitent le contour. La hauteur du dôme est de 55m. 60. Il a 30m. 876 d’une part et 31 m. 877 d’autre part; ainsi, il ne forme pas un cercle parfait. Au début, il était d’une circonférence parfaite, mais, plus penché après la restauration, afin d’assurer la consolidation, on lui donna sa forme actuelle. N’oublions pas que Sainte Sophie a subi des dégâts à la suite de plusieurs séismes et qu’elle fur réparée à maintes reprises.
Les premiers dégâts eurent lieu en 869, le dôme menaçant de s’effrondrer (janvier 869) à la suite d’un tremblement de terre qui dura quarante jours. En 986, le dôme risquant de plus en plus de s’écouler, l’église fut fermée aux fidèles et subit, pendant une dizaine d’années, des réparations qui revenrent à 10.000 pièces d’or de Byzance. A la suite de cette restauration, elle fut de nouveau ouverte au culte. Cepandant, en 1346, la voûte s’affaissa derechef et le manque de fonds empêcha la restauration du sanctuaire qui resta abandonné.
L’église comptait, jadis, des ornements de prix: des portes recouvertes de plaques d’argent, des colonnes de marbres rares ceintes de bracelets d’argent, des icones de valeur encradrées d’or, des chandeliers d’argent massif des ciboires, des veuilleuses et autres accessoires du culte en or, des housses tissées aux fils d’argent de même que la lingerie des autels. La plus grande destruction de tous ces objects rares eut lieu lors du pillage de la ville au cours de la IVème Croisade, quand les Latins dévastèrent la Cité; les revêtements intérieurs en marbre, en argent et en or, les encadrements faits de ces mêmes métaux, les portes et autres parties du sanctuaire furent enlevés et fondus. On ne vit rien de pareil, à ce pillage des Croisés de l’an 1204. Un prêtre russe, cenu à Byzance, en 1350, décrit l’horreur des déstructions qu’il vit dans la cité saccagée. L’Ambassadeur de Castille le sieur Clavijo, raconte qu’à son passage en 1402, il avait vu, jetées par terre, les portes de la Basilique profanée.
En 1453, les Turcs pénétrant à Constantinople, trouvèrent Sainte Sophie dans le même état. Fatih le Sultan, convertit l’ancien sanctuaire en mosquée et accomplit, le premier, la prière rituelle prescrite aux fidèles. Au début, la mosquée fut pourvue d’un minaret en bois, plus tard remplacé par un autre en pierre; des mâts de soutien consolidaient la mosquée, qui fut dotée à l’intérieur d’un mihrab. Bayazid II, le fils de Mehmet II, le Conquérant, ajouta un second minaret à la mosquée.
Après, sous le règne de Selim II, le conquérant de Chypre, un glissement ayant été constaté, on procéda à la démolution jugée nécessaire, de certains bâtiments proches de Sainte Sophie. Les pierres récupérés servirent à établir les contreforts en forme de pyramide, afin de renforcer les murs de la mosquée, tandis que des dispositions étaient prises pour soutenir le dôme incomparable du sanctuaire.
Les travaux de restauration furent assurés par le grand architecte Sinan.
Le même Sultan, fit ériger une école, un mausolée et aménagea un jardin dans l’enceinte de Sainte Sophie.
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