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PALAIS DE TOPKAPI
Faïences et Cristaux d’İstanbul
En sortant des cuisines à droite, sur le même jardin, nous voyons la petite mosquée (mescid) des confiseurs. A l’origine l’édifice était composé de deux pièces et servait de dépôt pour les savons (Sabun Kileri); le mur mitoyen fur abbatu et la première pièce fut mise en communication par une porte donnant sur un cellier de l’intérieur. Ainsi, transformée en une seule chambre, cette pièce renferme pour l’instant des objects rares, fabriqués à İstanbul, que l’on trouve difficilement sur la place ou chez les antiquaires.
En pénétrant dans la salle de droite, la première vitrine est remplie de vases, en verre opaque de couleur jaune et en forme des tulipes dont le contenu n’est pas perceptile à la vue. Dans la seconde vitrine sont placés des vases ornés de petits motifs circulaires en couleur qui imitent les yeux du rossignol; ce genre de dessin est typique à İstanbul.
Les dessins figurant sur ces vases de verre limpide ou opaque à l’aspect laiteux, sont tracés soit en spirales, soit en ligne parallèles, soit en forme de grille et constitunet les traits spécifiquement caractéristiques de ces dessins.
Quant aux couleurs, elles auraient pu être en blanc laiteux ou vives: le violet, le vert d’une feuille naissante et autres belles teintes existent aussi dans cette collection remarquable.
La vitrine no. 5 est réservée aux manufactures de porcelaines à Istanbul; la première fut fondée à Beykoz en 1845 et la deuxième à Yıldız en 1892; par la suite, toutes les deux cessèrent leur activité. La vitrine no. 6 renferme les tissus à l’effigie des Sultans; la vitrine no. 7 contient une belle aiguière bleue.
En pasaant par la porte voutée, les vitrines présentent des assiettes, des plats de faïences, des sorbetières à robinets, des pendulettes et horloges en porcelaine, des porte-bouquets, des vases ou encore des plateaux sur lesquels sont rangés des accessoires à écrire.
La vitrine no. 13 contient deux vues du palais de Çağlayan et de sa mosquée, qui existait encore il y a quelques années aux Eaux Douces d’Europe (fonde de la Corne D’Or). Ce sont des reproductions enjolivées par l’emblême d’Abdül Hamis II. En outre, on y distingue les Eaux Douces d’Asie (Göksu), la fontaine Sebil (qui se trouve actuellement sur la place, en face de la mosquée de Dolmabahçe), différents aspects des sites d’Istanbul, les petits caboteurs du Bosphore, le tout dessiné sur le fond de neuf assiettes.
Devant le mur de la première salle, nous voyons 3 grandes assiettes qui n’ont pas leurs pareilles. Selim III, Mahmut II et Abdül Mecit I sont devant vos yeux. Les grands édifices qui ont vu leur jour sous leur règne, vous sont présentés, forts en couleurs et en tonalités; Üsküdar avec sa fameuse Caserne Selimiye, le Galion <<Mahmudiye>> ancré devant Tophane et le Palais de Dolmabahçe.
Les fleurs à la mode à cette époque, ornent ces braux tableaux; pivoines, lila, jacinthes avec leurs couleurs rose, mauve clair...
Près de la sortie, rangées le long du mur, siz à quinze vitrines renfermants des aiguières, des brocs, des flacons, des gobelets à anse, des coupes, des récipients et des pots.
BAB-ÜL-SAADE (Porte de la Felicité)
Nous allons franchir la porte intérieure, donnant accès aux appartements particuliers du Sultan. Icı, nous sommes dans le domaine privé et familial du souverain. Personne ne pouvait pénétrer dans la <<maison>> du Sultan, sans autorisation. Seul le Grand Vizir à certains jours précisés à l’avance, pour des cas prévus à l’avance également, pouvait passer sous cette porte derrière laqulle se trouvait la salle d’audience de monarque, afin de lui soumettre les affaires d’état.
Les insurgés qui se lançaient sur le sérail s’arrâtaient devant cette porte; durant tout le cours de l’histoire, les rebelles ne franchirent que deux fois seulement cet huis inviolable. La première fois, lors de la déchéance du jeune Sultan Osman, la deuxième lorsqu’Alemdar Mustafa Paşa revint de Roumélie à la tête d’une armée révolutionnaire pour remettre Selim III sur le trône.
Cette porte de la Félicité servit dans notre histoire de scène à d’autres événements remarquables: l’avènement au trône d’un nouveau sultan, la présentation des vœux pour les fêtes du Bayram,, la cérémonie de l’attribution du titre de Serdar (Généralisme) ou commandant en chef de l’armée partant en campagne. La remise en mains propres par le souverain du Drapeau Sacré, au militaire qualifié, se déroulait au seuil du <<Babüs Saade>>.
A n’importe quelle saison et par quel temps que ce fut, le trône impérial, garni de coussins d’étoffe dorée, était dressé devant cette porte célèbre: aux fêtes rituelles un trône spécial était installé et prenait le nom de <<Bayram Tahtı>> (trône des fêtes)
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Le jour de son avènement, le moarque recevait d’abord les hommagess de dévouement et d’obéidance du Kızlarağası (grand eunique) et du chef de ses chambellans intimes, le <<Silahtar Ağa>> on porteur de glaive et Grand Maître des Pages Intimes de son palais. Ce n’est qu’après ce cérémonial que le souverain s’asseyait sur le trône. L’esplanade faisant face à la porte était bondée de janissaires en tenue d’apparat. La musique (Mehter), premier ensemble musical qui existât dans une armée, entonnait des marches martiales, les soldats applaudissaient et le sultan avait à sa droite le grand euruque et à sa gauche le maître des pages intimes de son sérail.
Ces personnages ayant fait acte d’Obédience, n’avaient plus à le répeter à l’extérieur de la porte; c’était aux autres membres du personnel de la cour à venir rendre hommage et faire acte de soumission à leur maître et souverain. Le <<nakib-ül-eşraf>> adressait une prière de circonstance, les fonctionnaires présentaient leurs respects et leurs dévotion au sultan et deux portiers chefs scandant leur pas en battant deux bâtons en argent, sur le sol, ouvraient le cortège qui devait aboutir au bâtiment dit <<Kubbe Altı>> (sous la coupole). Là, le grand vizir et les vizirs (c’est-à-dire les membres de son cabinets) ainsi que les officiels figurant au <<protocole>> étaient invités à baiser le pan du manteau du sultan.
Le défilé était conduit par le grand Vizir lui-même. Quand les personnages atteignaient l’emplacement marqué par un signe spécial (trois dalles repères), à quelques pas devant l’endroit où s’élevait le trône sous la coupole, ils s’insclinaient jusqu’au sol et saluaient obséquieusement le padischah, à l’approche du grand Vizir. Le Sultan se levait alors, tandis que le <<Sadrazam>> s’agenoullait, baisant les deux pieds du trône. Puis, c’était au tour des vizirs et des hautes personnalités à accomplir les mêmes obligations protocolaires... ensuite, tous se retiraient à reculons, la cérémonie avait pris fin: les soldats applaudissaient chaque fois que le sultan se levait.
La cérémonie terminée, le Sultan ayant regagné ses appartements privés, ordonnait que l’on distribue à ses soldats une gratification, nommée <<Don d’avèmenet>>; cela consistait en une somme répresentant trois mois de solde et l’élevation à un grande supérieur de tout militaire. Le même évènement se répétait à chaque nouvel avènement au trône... ces usages étaient sans doute une continuation de nomadisme et se poursuivaient déjà depuis le 14ème siècle dans le Palais.
SALLE D’AUDIENCE
Après avoir abandonné l’aile intérieure de ladite porte, nous voyons, la salle d’audience et nous nous trouvons devant cette construction de 22 colonnes et 22 voûtes, qui représente avec ses ornements, ses corniches et son toit, le type classique de l’architecture spécifiquement turque. La façade est revêtue de faïences et une fontaine y est appliquée. Conquérant: par la suite, des modifications y furent apportées. L’inscription en langue persane se trouvant au dessus de la fontaine, est l’œuvre poétique de Soliman le Légistrateur. Quant à celle qui se lit au dessus de la porte, elle est due à Ahmet III. Elle renferme en chronogramme la date de l’année 1724. une autre inscription en arabe est gravée au dessu d’une deuxième porte: celle-là est de Mahmud II; elle porte la mention de l’an 1810. comme on peut le constater, les Sultans de Turquie comptaient parmi eux, de nombreux poèts et calligraphes.
A gauche, sous un dôme, existe un trône en forme d’estrade. La date de l’an 1596 y figure dans un chronogramme habilement rimé. Le trône est couvert avec sa tapisserie originale, aux perles innombrables, et étincellantes. Les beautés sont conservées à l’intérieur du Trésor Impérial (Hazine). Les rideaux, meublant la salle et les colonnettes du trône étaient recouverts de pierreries rares.
Le petit basin à l’intérieur de la pièce devait, grâce au bruissement de son jet d’eau, empêcher que l’on entende au-dehors les conversations poursuivies dans la salle.
Nous avons signalé plus haut que le Sultan accordait ses audiences dans cette salle aux ambassadeurs étrangers et autres personnalités de marque. Les ambassadeurs admis en présence du monarque étaient encadrés par deux <<agas>> qui les soutenaient par les bras et les aidaient à se psterner devant le Sultan. En 1667, l’envoyé du Tzar Alexis Nihailovitch de Russie s’étant rebiffé, c’est avec peine que ses deux gardes parvinrent à lui faire accomplir cette révérence protocolaire.
En sortant, devant nous, les marches nous conduisent ver le terrain d’incliné d’o`nous parvenons à la troisième cour du Sérail.
A gauche, le premier bâtiment qui se présente est la Bibliothèque d’Ahmet III
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