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RUMELI HISARI

Le château-fort de Rumeli Hisarı représente le prototype de l’architecture militaire, qui donne un vrai cachet turc à Istanbul et au Bosphore.
A l’exemple de toutes les œuvres issues d’un cerveau génial, Rumeli Hisarı, par sa majesté et sa prestance se trouve géographiquement et stratégiquement en un lieu des plus appropriés.
Les turcs avaient atteint les rives asiatiques du Bosphore au début du XIVème siècle et ils avaient dès la première moitié de ce siècle, imposé leur contrôle sur le Bosphore. Beyazıt I, un des premiers grands sultans, avait édifié sur l’emplacement d’Anadolu Hisarı, connu aussi sous le nom de <<Güzelce Hisar>>, une solide forteresse. Les Turcs, après avoir conquis le détroit des Dardanelles et mis pied dans la presqu’île des Balkans, avaient commencé par contourner Istanbul, en passant au-dessus de la Thrace.
Mehmet II, le Conquérant, qui avait décidé, avec la fougue de ses 21 printemps, de vaincre Byzance, alors politiquement et militairement en pleine décomposition, ordonna la construction du château-fort de Rumeli Hisarı, dont le rôle capital était de contrôler et de surveiller le traffic des navires en provenance ou en direction de la Mer Noire, avec l’appui du château-fort d’en face Güzelce Hisar (Anadolu Hisarı).
En cet endroit, le Bosphore a une largeur de 660 m. et cela était d’une extrême utilité au point de vue de la stratégie turque. Ainsi, en 1453, un navire venitien, sous le commandement d’Antonio Pizo qui n’avait pas obtempéré à l’avertissement préalable, touché par les canons du fort, fut coulé instantanément.
Les préparatifs de la construction de Rumeli Hisarı, commencèrent au début de la saison d’hiver 1451-1452. le sultan en personne, avec 1000 maîtres maçons et 2000 ouvriers y participa et transporte les matériaux; les vizirs furent également invités à concourir à ce travail patriotique ainsi que de nombreux pachas que l’on vit transporter mortiers et truelles. Il est reconnu, de source sûre, qu’au bout de 4 mois de travaux, c’est-à-dire, en août 1453, l’ouvrage stratégique était terminé.
Sarıca Pacha veilla à la construction de la tour de droite (en regardant au rivage) et Zaganos Pacha à celle de gauche. La troisième, située sur le litoral, fut confiée à la surveillance de Halil Pacha.
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Une inscription figurant au-dessus de la tour de Zaganos Pazha, précise certains points, ayant trait au rôle qu’il joua dans l’édification de la dite tour, portant son nom.
La tour que l’on voit sur la droite, se trouve à 43 m de la mer et celle de gauche à 57 m au-dessus du niveau de la mer; l’espace entre les deux tours, forme un vaste vallon. Au début, la tour du bas s’appuyait sur le littoral, une muraille d’enceinte de 3 à 5 m d’épaisseur, selolon la forme te la constitution du terrain sur lequel elle était construite, protégeait l’ensemble du château-fort.
La tour du littoral, avait trois issues, donnant sur le jardin; les deux tours d’en haut ne disposaient d’aucune porte et n’étaient pas reliées l’une à l’autre, de sorte qu’une fois les échelles retirées, elles étaient séparées du mond. La diamètre extérieur de la tour de droite est de 23 m 80 l’épaisseur des murs de 7 m et la hauteur, à partir de la base jusqu’au sommet est de 33 m.
La tour littorale a les mêmes dimensions, mais elle est 2 m plus haut.
La tour de gauche a un diamètre extérieur de 26,70; les murs ont une épaisseur de 5 m 07 et une hauteur de 25 m 30. Elle se différencie ainsi des autres.
Les tours du haut sont de forme cylindrique, celle du littoral a douze côtés. Les deux tours du haut sont séparées par cinq, celle de gauche du haut et de la tour de droite et celle située sur le littoral est occupé par deux donjons.
Deux étages en bois, compartimentaient l’intérieur des tours. La tour donnant sur le littoral, comptait 8 étages, les autres 9. Aujourd’hui seul les étages supéreiurs de la tour droite du haut existent encore. Les donjons étaient à découvert, mais tous possédaient des créneaux. Les trois grandes tours avaient à l’origine des couvertures en plomb et en bois; on a constaté qu’elles existaient encore au début du XIXème siècle. Un voyageur et écrivain français qui a visité Istanbul au début du XVIIIème siècle parle de ces couvertures, le dessinateur Melling, dans un album édité à Paris en 1819, les a représentées également.
Au temps de Fatih il existait une petite mosquée dans le jardin du fort du Hisar; aujourd’hui on voit à peine les vestiges des fondations de son minaret. Après la conquête d’Istanbul et la construction de nombreuses fortifications le long de la Mer Noire, le château-fort de Rumeli Hisarı commença à perdre son importance stratégique.
Gedik Ahmet Pacha, un vizir de qualité, s’étant emporté et ayant montré son mécontentement à l’égard du Sultan, Mehmet le Conquérant lors d’une campagne en Albanie, fut mis aux arrets à l’intérieur du château-fort. Cela donna par la suite l’idée d’utiliser cette forteresse comme un lieu de détention. Des janissaires y furent incarcérés, puis éxécutés, leur mort étant annoncée au peuple par des coups de canon. Des missions etrangères y subirent des emprisonnements ce qui créa autour de Hisar une reputation spéciale. L’historien autrichien Hammer a noté dans ses annales, les noms de plusieurs ambassadeurs étrangers qui furent emprisonnés à Rumeli Hisarı, en relevant les murs interieurs des cellules. En 15513 l’Ambassadeur de Ferdinand d’Autriche, y fut incarcéré; en 1593, un groupe détrangers ayant essayé de prendre la fuite, une partie des géôliers chargés de leur grade, furent mis à mort.
Le Baile de Venise, Sorenzo, qui se trouvait à Istanbul, lors de la guerre de Crête, fut emprisonné avec sa suite à Rumeli Hisarı, pour avoir contrevenu aux ordres lui interdissant d’entrevenir une correspondance avec son pays d’origine , mais le vrai coupable, le drogman de la mission, le sieur Grillo, ayant été découvert, ce dernier paya de sa vie la faute imputée à son chef.
Evliya Çelebi, l’historien et voyageur national, raconte que la garnison de Rumeli Hisarı s’élevait à 300 janissaires qui disposaient de 105 pièces d’artillerie.
Des coups de canon étaient tirés les jours de fêtes religieuses et officielles; le passage souverain était salué par des slaves à chaque fois la caïque impérial portant la marque du souverain passait
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